Service Autonomie à Domicile (SAD) : qu'est-ce que la réforme change pour un service à domicile ?
La France fusionne SAAD, SSIAD et SPASAD en un Service Autonomie à Domicile. Ce que change la réforme SAD : les deux formes, les échéances, le volet logiciel.
Écrit par
Temps de lecture
9 min de lecture
Publié le
14 juillet 2026

Sommaire
- Que change la réforme SAD ?
- Les deux formes de SAD
- Deux échéances à ne pas confondre
- Qui pilote et finance tout cela ?
- Pourquoi un service combiné a besoin d’un seul dossier coordonné
- Questions fréquentes
- Qu’est-ce qu’un Service Autonomie à Domicile (SAD) ?
- Quelles sont les échéances du SAD, et pourquoi y en a-t-il deux ?
- Un SAAD « aide seule » doit-il devenir un SAD mixte ?
- Qu’est-ce que la fusion SAD change pour notre logiciel ?
- Un seul service, un seul dossier
Le Service Autonomie à Domicile (SAD) est la catégorie juridique unique des services à domicile en France, créée par le décret n° 2023-608 du 13 juillet 2023. Il fond trois anciennes catégories en une seule : le SAAD (services d’aide et d’accompagnement à domicile, l’aide à domicile), le SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) et le SPASAD (les services polyvalents qui combinaient déjà les deux). Si vous exploitez ou développez un logiciel pour une organisation de soins à domicile en France, cette réforme change la case dans laquelle vous vous situez et, pour les services qui délivrent à la fois l’aide et les soins, elle change la façon dont un seul dossier doit porter l’ensemble du tableau.
Ce guide donne la vue côté opérateur : ce qu’est le SAD, les deux formes qu’il prend, les deux échéances à ne pas confondre, et pourquoi un service combinant aide et soins a besoin d’un seul dossier coordonné plutôt que de deux. Il s’inscrit sous notre guide plus large sur la façon dont la France évalue l’autonomie et finance les soins à domicile. La réforme est encore en transition : lisez les dates comme « sujettes à vérification », pas comme définitives.
Que change la réforme SAD ?
En bref : trois statuts distincts de services à domicile deviennent un seul. Avant la réforme, un foyer ayant besoin à la fois d’aide au ménage et de soins infirmiers avait souvent affaire à deux services différents, chacun avec sa propre paperasse, ses propres visites et son propre dossier. La réforme SAD vise à mettre fin à cette coupure en plaçant l’aide et les soins sous une seule catégorie de service.
La base juridique est le décret n° 2023-608, qui fixe un cahier des charges national auquel tout SAD doit se conformer. Il définit les missions d’un SAD et les conditions minimales d’organisation et de fonctionnement. C’est une pièce de la vague de réformes « bien vieillir » plutôt qu’un changement isolé ; la LOI n° 2024-317 du 8 avril 2024 qui l’accompagne a aussi créé le SPDA (Service public départemental de l’autonomie), une porte unique par département pour l’information et l’orientation, dont le déploiement est inégal depuis 2025.
Une chose que la réforme n’est pas : ce n’est pas la « loi grand âge » longtemps promise, ni une loi de programmation complète. Cette loi de financement plus large reste au point mort. La fusion SAD est la pièce concrète qui, elle, a bien abouti et s’applique sur le terrain.
Les deux formes de SAD
Un SAD prend l’une de deux formes, et celle dont vous relevez dépend de ce que vous délivrez réellement.
La forme « aide » seule couvre l’aide et l’accompagnement, le travail que faisait un SAAD. Entretien du logement, aide à la personne, soutien au quotidien, mais pas de soins infirmiers.
La forme « aide et soins » (souvent appelée SAD mixte) délivre à la fois l’aide et les soins au sein d’un même service. C’est la forme qui reprend la logique de l’ancien SPASAD et qui fait entrer les soins infirmiers du SSIAD dans la même maison que le pôle aide. Pour un foyer, cela signifie qu’un seul service gère à la fois les heures d’aide à domicile et les passages infirmiers, au lieu de deux services qui ne se calent jamais tout à fait.
Cette distinction compte pour l’anticipation. Si vous exploitez un service « aide » seule, converger vers le cahier des charges SAD ne vous oblige pas à créer un pôle soins. Si vous exploitez un service mixte, les deux pôles doivent désormais fonctionner comme un seul, et c’est là que commencent les questions d’organisation et de logiciel.
Deux échéances à ne pas confondre
Il y a deux dates ici, et les traiter comme une seule est l’erreur la plus courante. Elles mesurent des choses différentes.
La première, c’est la convergence vers le cahier des charges d’ici fin 2025. Les services existants doivent se conformer au nouveau cahier des charges national introduit par le décret. L’échéance initiale était le 30 juin 2025, deux ans après l’entrée en vigueur de la réforme, mais le Ministère du Travail et des Solidarités l’a repoussée au 31 décembre 2025 au vu des difficultés rencontrées en pratique. C’est l’étape « rendre votre organisation conforme au cahier des charges ».
La seconde, c’est la consolidation juridique de la catégorie d’ici 2028. C’est l’étape plus profonde : les anciens statuts SAAD, SSIAD et SPASAD fondus pleinement dans la catégorie SAD unique. Respecter le cahier des charges en 2025 n’est pas la même chose que la catégorie juridiquement consolidée. Un service peut être conforme au cahier des charges bien avant que la catégorie elle-même soit pleinement unifiée.
Donc : la date de fin 2025 concerne la conformité de votre service au cahier des charges ; la date de 2028 concerne l’architecture juridique qui achève la fusion. Ne laissez pas un prestataire ou un consultant confondre les deux.
Qui pilote et finance tout cela ?
Le SAD s’inscrit dans la même structure de financement que le reste des soins à domicile en France. Le système repose sur la branche autonomie, la cinquième branche de la Sécurité sociale, gérée par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie). Cette branche est l’ossature financière derrière l’APA, la réforme SAD et les programmes de conformité numérique qui les entourent.
Au quotidien, l’évaluation et le financement des soins à domicile relèvent toujours du département, qui cote la grille AGGIR et construit le plan d’aide (traité dans le guide pilier, et en détail pour la prestation elle-même dans l’APA à domicile). Pour coter la grille et obtenir un GIR indicatif en direct, essayez notre simulateur de la grille AGGIR. La réforme SAD ne change pas cela ; elle change la forme du service qui délivre le plan. Pour l’état d’avancement des réformes et du SPDA, vie-publique.fr suit où en est chaque pièce.
Pourquoi un service combiné a besoin d’un seul dossier coordonné
C’est là le point opérationnel. Si un SAD mixte est un seul service délivrant à la fois l’aide et les soins, faire fonctionner ces deux pôles sur deux systèmes déconnectés reproduit exactement la coupure que la fusion voulait supprimer.
Un service combiné a besoin d’un seul dossier coordonné : un planning partagé pour que les passages aide et soins soient organisés autour de la même personne et de la même semaine, des transmissions propres entre l’équipe d’aide à domicile et l’équipe de soins, et un contexte partagé pour qu’un infirmier voie ce que l’auxiliaire de vie a consigné, et inversement. À cela s’ajoutent les mêmes obligations que porte tout logiciel français de soins à domicile : le plan d’aide, la télégestion avec contrôle d’effectivité, et un DUI référencé Ségur gérant l’INS, MSSanté et l’alimentation de Mon espace santé. C’est le sujet de notre guide sur l’ESMS numérique et les règles du DUI Ségur.
Le mode d’échec est classique : le côté aide tourne sur un logiciel, le côté soins sur un autre, et les deux ne se rencontrent que dans un tableur ou au téléphone. C’est le frottement que la réforme SAD cherche à éliminer par conception. Un logiciel qui traite un SAD mixte comme un seul service, sur un seul dossier, est ce qui rend la fusion réelle plutôt que seulement sur le papier.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un Service Autonomie à Domicile (SAD) ?
Le SAD est la catégorie juridique unique des services à domicile en France, créée par le décret n° 2023-608. Il fond les anciens SAAD (aide à domicile), SSIAD (soins infirmiers à domicile) et SPASAD (les deux) en un seul. Il existe sous deux formes : une forme « aide » seule, et une forme « aide et soins » qui délivre l’aide et les soins au sein d’un même service.
Quelles sont les échéances du SAD, et pourquoi y en a-t-il deux ?
Il y a deux dates à ne pas confondre. Les services existants doivent se conformer au nouveau cahier des charges national, l’étape de convergence, d’ici fin 2025. La consolidation juridique plus profonde de la catégorie, qui fond les anciens statuts dans le SAD unique, est prévue pour 2028. Respecter le cahier des charges n’est pas la même chose que la catégorie pleinement consolidée.
Un SAAD « aide seule » doit-il devenir un SAD mixte ?
Non. La réforme conserve une forme SAD « aide » seule : un service d’aide à domicile peut converger vers le cahier des charges sans créer un pôle soins. La forme mixte « aide et soins » concerne les services qui délivrent, ou veulent délivrer, l’aide et les soins sous un même toit. La forme dont vous relevez dépend de ce que vous délivrez réellement.
Qu’est-ce que la fusion SAD change pour notre logiciel ?
Un SAD mixte fait fonctionner l’aide et les soins comme un seul service : il lui faut un seul dossier coordonné, et non deux systèmes déconnectés. Planning partagé, transmissions et contexte communs entre les pôles aide et soins, en plus des mêmes obligations de plan d’aide, de télégestion et de DUI qui s’appliquent à tout logiciel français de soins à domicile. Deux systèmes qui ne se parlent pas, c’est le frottement que la fusion vise à supprimer.
Un seul service, un seul dossier
Je suis infirmier de formation, alors la partie de cette réforme qui me parle n’est pas l’architecture juridique. C’est le foyer qui recevait autrefois un passage d’aide à domicile et un passage infirmier de deux services qui ne partageaient aucune transmission. Le SAD veut en faire un seul service. Côté logiciel, cela ne marche que si l’aide et les soins reposent sur un seul dossier : même planning, mêmes transmissions, même contexte, pour que la personne qui fait la toilette le matin et l’infirmier qui fait le pansement l’après-midi travaillent sur la même page. En construisant Domihome, ce qui a demandé le plus de soin, c’est de faire reposer les côtés aide et soins sur un seul dossier plutôt que deux, pour que le plan d’aide, le journal de télégestion et l’export de facturation racontent tous la même histoire. Découvrez ce que nous avons fait pour Domihome, ou planifiez une rencontre.
Ce guide est informatif et ne constitue pas un avis juridique, de facturation ou médical. Les règles françaises des services à domicile évoluent, et la réforme SAD est encore en transition ; plusieurs dates sont des variables mouvantes. Vérifiez les règles actuelles auprès des sources officielles, dont Légifrance pour le décret, la CNSA pour la branche autonomie et la réforme, et vie-publique.fr pour l’état d’avancement des réformes et du SPDA. Dernière vérification le 14 juillet 2026.
AppSky
