Évaluer et financer les soins à domicile en Belgique : Katz, BelRAI, INAMI
Comment la Belgique évalue la dépendance et finance les soins infirmiers à domicile : les forfaits INAMI basés sur Katz, le social régional basé sur BelRAI, MyCareNet et eHealth.
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Publié le
14 juillet 2026

Sommaire
- À quoi ressemble le paysage belge des soins à domicile, en une image ?
- Katz ou BelRAI : quelle règle s’applique, et quand ?
- Comment les soins à domicile sont-ils réellement financés ?
- Où s’arrête la ligne fédérale et où commence la régionale ?
- Quelle est l’infrastructure numérique qui relie le tout ?
- Le système est-il en train de bouger ?
- Qu’est-ce que cela signifie pour votre logiciel ?
- Un exemple concret
- Guides liés
- Questions fréquentes
- Qui finance les soins infirmiers à domicile en Belgique : le fédéral ou les régions ?
- Quelle est la différence entre l’échelle de Katz et BelRAI ici ?
- Comment les soins à domicile sont-ils concrètement facturés et payés ?
- Le financement est-il sur le point de changer ?
- Quand deux payeurs rencontrent un seul patient, votre logiciel doit tenir les deux
En Belgique, évaluer et financer les soins infirmiers à domicile se répartit sur deux niveaux : le niveau fédéral (INAMI) paie les soins infirmiers eux-mêmes via la nomenclature, sur la base de l’échelle de Katz, tandis que les régions et communautés (Flandre, Wallonie, Bruxelles) gèrent les budgets d’aide sociale qui entourent le patient, de plus en plus sur la base de BelRAI. Si vous construisez ou exploitez un logiciel pour une organisation de soins ou d’aide à domicile ici, ce partage donne la forme de vos données : un patient, deux règles, deux payeurs, et toute une mécanique numérique entre les deux.
Ce guide donne la vue de l’opérateur sur l’ensemble du paysage : les deux instruments d’évaluation, la manière dont l’INAMI finance réellement les soins à domicile, où passe la ligne fédéral-régional, l’infrastructure eHealth et MyCareNet qui relie le tout, et les réformes en cours. Les dates de réforme sont la partie mouvante : lisez-les comme « sujettes à vérification », pas comme « acquises ».
À quoi ressemble le paysage belge des soins à domicile, en une image ?
La sixième réforme de l’État (2014) a scindé la responsabilité de la prise en charge des personnes dépendantes. Les soins infirmiers curatifs — les actes remboursés qu’un infirmier à domicile pose — sont restés fédéraux, financés par l’assurance soins de santé obligatoire que gère l’INAMI. Un large bloc de compétences de soins de longue durée et de soutien aux aînés est passé aux régions et communautés : la Flandre les a intégrées dans sa protection sociale flamande (Vlaamse sociale bescherming), la Wallonie les gère via l’AViQ, et à Bruxelles l’organisme bicommunautaire Iriscare s’en charge.
Conséquence pratique : une même personne âgée fragile à domicile peut être en même temps patiente INAMI (pour les visites de l’infirmier) et bénéficiaire d’un budget de soins régional (pour l’aide non médicale), évaluée par des instruments différents, payée par des enveloppes différentes. Un logiciel qui ne modélise que l’un de ces deux mondes se heurtera sans cesse à l’autre.
Katz ou BelRAI : quelle règle s’applique, et quand ?
La Belgique utilise deux instruments de dépendance en parallèle, et les confondre est l’erreur la plus fréquente.
L’échelle de Katz est l’instrument fédéral. C’est « l’échelle d’évaluation » de l’article 8 de la nomenclature INAMI : l’infirmier à domicile cote six activités de la vie quotidienne de 1 (autonome) à 4 (totalement dépendant), et ce profil détermine si les soins sont facturés à l’acte ou relèvent d’un forfait journalier A, B ou C. Katz est étroite par conception — six critères physiques plus la désorientation dans le temps et l’espace — parce que son seul rôle est de conditionner les forfaits infirmiers.
BelRAI est l’instrument plus large. C’est l’implémentation belge des instruments interRAI, validés internationalement, hébergés centralement sur la plateforme fédérale eHealth, et il cartographie bien plus en détail le fonctionnement physique, cognitif, psychologique et social. Les régions adoptent BelRAI (et son BelRAI Screener plus court) comme langage commun de l’aide sociale, et il est testé au niveau fédéral comme future base de financement des soins à domicile.
La façon la plus simple de le retenir : Katz décide comment la visite de l’infirmier est payée aujourd’hui ; BelRAI est la direction que prend le monde de l’évaluation, et là où les régions sont déjà. Pour un traitement plus complet de chacun, le guide de l’échelle de Katz couvre la cotation et les seuils de forfaits, et le guide BelRAI couvre le Screener, l’évaluation Home Care complète et le glissement de l’un à l’autre.
Comment les soins à domicile sont-ils réellement financés ?
L’INAMI finance les soins à domicile via la nomenclature — la liste officielle des actes remboursables et de leurs conditions. Une journée de soins se paie de deux manières.
Pour les patients qui ne sont pas lourdement dépendants, les soins sont facturés à l’acte (par prestation) : chaque prestation remboursée — un pansement, une injection, une toilette — a son propre code de nomenclature et son honoraire.
Pour les patients lourdement dépendants, la facturation à l’acte est remplacée par un montant journalier, le forfait, qui couvre toute la journée de soins quel que soit le nombre d’actes qu’elle contient. Il existe trois niveaux, forfait A, B et C, par ordre croissant de dépendance, et le profil Katz détermine celui qui s’applique (le guide de l’échelle de Katz précise exactement quelles combinaisons de scores atteignent A, B ou C). Le mécanisme compte plus que le chiffre en euros : les montants des forfaits sont réajustés périodiquement et publiés dans la nomenclature, alors consultez-les sur la page INAMI destinée aux infirmiers plutôt que de vous fier à un montant vu une fois.
Deux caractéristiques structurelles façonnent la circulation de l’argent, toutes deux détaillées dans le guide sur le financement INAMI des soins à domicile. D’abord, les infirmiers à domicile travaillent presque toujours en tiers payant (régime du tiers payant) : pour les soins remboursés, le patient ne paie pas l’infirmier pour se faire ensuite rembourser — la mutualité paie directement le prestataire, et le patient ne doit tout au plus qu’un ticket modérateur quand il y en a un. Ensuite, parce qu’ils facturent en tiers payant, les infirmiers sont tenus de vérifier l’identité du patient à chaque contact, une obligation en vigueur depuis le 1er octobre 2017.
Où s’arrête la ligne fédérale et où commence la régionale ?
La règle simple : les actes remboursés de l’infirmier sont fédéraux ; l’échafaudage social autour du patient est régional.
Au fédéral, l’INAMI possède la nomenclature, les forfaits Katz et le financement de l’assurance obligatoire qui les porte. Au régional, chaque entité gère ses propres budgets de soins et sa propre mécanique d’évaluation. La Flandre est la plus avancée et la mieux documentée : son zorgbudget voor ouderen met een zorgnood (budget de soins pour personnes âgées ayant un besoin de soins) est une prestation de protection sociale régionale, distincte de tout ce que paie l’INAMI, et la Flandre a fait basculer l’évaluation de ce budget vers le BelRAI Screener — depuis le 1er mars 2026 pour les nouvelles demandes, en lieu et place de l’ancienne échelle médico-sociale (sujet à vérification). La Wallonie (AViQ) et Bruxelles (Iriscare) organisent leurs soutiens de longue durée dans leurs propres cadres, moins uniformes et moins documentés publiquement que le cadre flamand.
Pour un opérateur, cela signifie que les obligations d’évaluation dépendent de votre région et de votre secteur, pas de « la Belgique » dans son ensemble. Un service flamand d’aide aux familles et une pratique bruxelloise de soins infirmiers ne répondent pas au même corpus de règles d’évaluation, même si tous deux peuvent facturer des actes INAMI fédéraux pour le même patient.
Quelle est l’infrastructure numérique qui relie le tout ?
Rien de tout cela ne fonctionne sur papier. Deux systèmes fédéraux transportent les données.
La plateforme fédérale eHealth est l’épine dorsale sécurisée pour l’échange de données de santé entre acteurs — hôpitaux, infirmiers, mutualités, organismes régionaux. BelRAI lui-même tourne comme un service sur eHealth, ce qui permet qu’une évaluation faite par une équipe soit partagée, avec consentement, avec les autres intervenants autour d’un patient (voir la page du service BelRAI sur eHealth).
MyCareNet est la couche d’échange entre prestataires de soins et mutualités, gérée par l’INAMI avec le secteur mutualiste. Pour un infirmier à domicile, il fait le travail concret : vérifier l’assurabilité d’un patient, transmettre la notification de l’échelle d’évaluation de Katz au médecin-conseil de la mutualité, et porter la facturation électronique en tiers payant (eFact) pour qu’aucune facture papier ne parte vers l’assureur. Le guide MyCareNet et eHealth détaille comment ces échanges s’insèrent dans la semaine d’un infirmier. Ce qui compte pour le logiciel, c’est que l’évaluation et la facturation ne sont pas des formulaires locaux dans votre programme : ce sont des messages qui doivent circuler via eHealth et MyCareNet, dans le bon format, au bon moment.
Le système est-il en train de bouger ?
Oui, et c’est la partie à tenir avec précaution. Deux mouvements méritent d’être suivis, tous deux traités dans le guide BelRAI plutôt que ré-argumentés ici.
Au fédéral, un projet pilote sur un nouveau financement des soins à domicile teste un modèle construit autour de BelRAI plutôt que des forfaits Katz : BelRAI cartographie les besoins de soins et le financement est découplé des forfaits Katz, l’échelle de Katz restant enregistrée à côté. C’est un pilote volontaire, d’environ deux ans, en cours depuis mi-2026, évalué avant tout déploiement général — de sorte qu’à ce jour il n’a pas remplacé les forfaits Katz, et savoir s’il le fera, ou quand, n’est pas tranché (sujet à vérification).
Au régional, la Flandre a fait basculer son zorgbudget voor ouderen vers le BelRAI Screener. C’est une réforme de protection sociale régionale, sur son propre calendrier, et facile à confondre avec le pilote fédéral de financement : ce sont deux réformes différentes, dans des enveloppes différentes. Considérez chaque date précise dans ce domaine comme « sujette à vérification ».
Qu’est-ce que cela signifie pour votre logiciel ?
En assemblant les pièces, l’exigence est claire : un logiciel de soins à domicile sérieux ne peut pas se contenter de stocker un score. Il doit porter l’évaluation Katz et produire le bon forfait, détenir les données BelRAI là où la région ou le pilote fédéral l’exigent, gérer la facturation en tiers payant via MyCareNet (assurabilité, notification de l’échelle d’évaluation, eFact), et parler les services eHealth en dessous. Et il doit laisser Katz et BelRAI coexister pendant une transition dont personne n’a encore fixé l’état final.
Cette coexistence est le point difficile. Les progiciels prêts à l’emploi tendent à modéliser proprement un payeur et un instrument, puis à greffer l’autre. Là où un opérateur perd du temps, c’est dans les coutures : réconcilier un forfait fédéral et un budget régional pour le même bénéficiaire, empêcher un score Katz et une évaluation BelRAI de diverger, faire dire la même chose à l’export de facturation et au plan de soins.
Un exemple concret
Prenons Madame V., une femme fragile vivant à domicile en Flandre. Son infirmier à domicile cote l’échelle de Katz et le profil atteint le forfait B : à l’INAMI, toute sa journée de soins est désormais payée sous forme de montant journalier plutôt qu’acte par acte, et l’infirmier la facture en tiers payant via MyCareNet, si bien que Madame V. ne règle jamais elle-même cette facture. En même temps, parce qu’elle a aussi besoin d’un soutien non médical, sa famille mobilise un budget de soins régional en Flandre — une autre enveloppe, évaluée non pas avec Katz mais avec le BelRAI Screener. Ainsi, la même personne, la même semaine, génère un forfait B fédéral fondé sur Katz et une évaluation régionale fondée sur BelRAI, payés par deux systèmes qui ne se parlent pas par défaut. Rien d’exotique ici : c’est une charge de travail ordinaire de soins à domicile en Flandre. Mais un produit qui ne connaît que la moitié « Katz-et-forfait » de ce tableau laissera en silence l’autre moitié régionale aux tableurs — précisément la couture où les opérateurs perdent du temps.
Guides liés
Chaque partie du système belge ci-dessus a son propre approfondissement :
- L’échelle de Katz : cotation et seuils des forfaits A/B/C
- BelRAI : le Screener, Home Care et le glissement depuis Katz
- Financement INAMI des soins à domicile : nomenclature, forfaits et tiers payant
- MyCareNet et eHealth : facturation et échange de données à domicile
Questions fréquentes
Qui finance les soins infirmiers à domicile en Belgique : le fédéral ou les régions ?
Les deux, pour des choses différentes. Les soins infirmiers eux-mêmes sont financés au niveau fédéral par l’INAMI, via la nomenclature et sur la base de l’échelle de Katz. Les régions et communautés (Flandre, Wallonie via l’AViQ, Bruxelles via Iriscare) gèrent les budgets d’aide sociale qui entourent le patient, de plus en plus évalués avec BelRAI. Un même bénéficiaire peut relever des deux à la fois.
Quelle est la différence entre l’échelle de Katz et BelRAI ici ?
Ce sont deux règles distinctes. L’échelle de Katz de l’article 8 est l’instrument fédéral qui détermine si les soins INAMI sont facturés à l’acte ou sous un forfait journalier A, B ou C. BelRAI est l’instrument plus large, d’origine internationale, que les régions adoptent pour l’aide sociale, et qui est testé au niveau fédéral comme future base de financement des soins à domicile. Aujourd’hui, pour les forfaits infirmiers, c’est Katz qui fait foi.
Comment les soins à domicile sont-ils concrètement facturés et payés ?
Les infirmiers à domicile travaillent généralement en tiers payant (régime du tiers payant) : le patient ne paie pas l’infirmier directement pour les soins remboursés, c’est la mutualité qui paie le prestataire. La facturation passe électroniquement par MyCareNet, qui transmet aussi l’échelle d’évaluation de Katz et les contrôles d’assurabilité, sur la plateforme fédérale eHealth.
Le financement est-il sur le point de changer ?
En partie, oui, et c’est là que tout bouge. Un projet pilote fédéral teste un nouveau modèle de financement des soins à domicile fondé sur BelRAI plutôt que sur les forfaits Katz, pendant que la Flandre continue de basculer son budget pour personnes âgées vers le BelRAI Screener. Ni l’un ni l’autre n’a remplacé les forfaits Katz de façon générale. Considérez toute date de réforme précise comme « sujette à vérification », pas comme acquise.
Quand deux payeurs rencontrent un seul patient, votre logiciel doit tenir les deux
La Belgique transforme les soins à domicile en deux flux de données structurées — un flux fédéral Katz-et-forfait et un flux régional BelRAI — qui doivent circuler via eHealth et MyCareNet pendant que les règles continuent de bouger. Les logiciels prêts à l’emploi tendent à modéliser un flux et à improviser l’autre. AppSky construit des logiciels sur mesure pour les équipes de soins et d’aide à domicile, où l’évaluation, la planification des soins et la facturation tiennent dans un seul flux et peuvent suivre les règles à mesure qu’elles évoluent. En construisant Domihome, le détail qui nous a le plus surpris, c’est à quel point la confiance dans un service de santé à domicile tient à ce que la paperasse, derrière la visite, soit irréprochable — la même leçon qui nous pousse à garder le score Katz, l’envoi MyCareNet et le plan de soins sur un même dossier plutôt que sur trois. Découvrez ce que nous avons fait pour Domihome, ou planifiez une rencontre.
Ce guide est informatif et ne constitue pas un avis de facturation, juridique ou médical. Les règles belges d’évaluation et de financement des soins à domicile sont partagées entre le fédéral et le régional, et plusieurs réformes de 2025-2026 sont encore en transition. Confirmez les règles et chiffres actuels auprès des sources officielles, dont l’INAMI pour les infirmiers, le service BelRAI sur eHealth, et, à Bruxelles, Iriscare. Dernière vérification le 14 juillet 2026.
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