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Facturation INAMI soins à domicile : forfaits A, B, C

Comment un infirmier à domicile est payé en Belgique : la nomenclature (article 8), la facturation à l’acte face aux forfaits A, B et C de Katz, et le tiers payant.

Écrit par

LautfiInfirmier

Temps de lecture

11 min de lecture

Publié le

14 juillet 2026

Facturation INAMI soins à domicile : forfaits A, B, C
Sommaire

Le financement INAMI des soins infirmiers à domicile, c’est l’ensemble des règles qui décident comment un infirmier à domicile est payé en Belgique : chaque prestation remboursable figure à l’article 8 de la nomenclature, elle est facturée soit à l’acte, soit sous forme de forfait journalier A, B ou C basé sur l’échelle de Katz, et l’argent parvient au prestataire par le principe du tiers payant plutôt que depuis la poche du patient. Si vous construisez ou gérez un logiciel pour une organisation de soins à domicile, ces quatre mécaniques — la nomenclature, l’acte face au forfait, le tiers payant et le canal électronique qui les porte — sont les données que votre produit doit traiter correctement, car un code erroné ou une facture rejetée, c’est du travail impayé.

Ce guide donne la vue de l’opérateur sur la façon dont l’argent circule réellement. Il complète l’échelle de Katz, où se décident les forfaits ; celui-ci prend le relais là où l’autre s’arrête : comment les soins sont concrètement payés. Pour la vue d’ensemble, évaluation et financement réunis, voyez le guide pilier sur l’évaluation et le financement des soins infirmiers en Belgique.

Que finance l’INAMI en soins infirmiers à domicile ?

L’INAMI (l’institut fédéral d’assurance soins de santé — INAMI en français, RIZIV en néerlandais) ne rembourse les soins à domicile que pour les prestations inscrites à l’article 8 de la nomenclature des prestations de santé. C’est la règle à intégrer d’abord : si un acte ne figure pas à l’article 8, il n’est pas remboursé. La nomenclature n’est pas une liste de prix qu’on lit de haut en bas ; c’est un catalogue structuré de ce qui constitue une prestation infirmière facturable, et à quelles conditions.

Au sein de l’article 8, les prestations se répartissent en quelques grandes familles :

  • Les prestations de base à l’acte — la visite infirmière ordinaire, comptée à l’acte (la première, la deuxième et les suivantes de la journée ont chacune leurs règles).
  • Les soins d’hygiène (« toilettes ») — des séances d’hygiène remboursées pour les patients dépendants pour les soins personnels sans atteindre un forfait.
  • Les actes techniques spécifiques — les procédures cliniques distinctes (injections, soins de plaies, cathéters, perfusions et autres), chacune avec sa ligne de nomenclature.
  • Les forfaits journaliers A, B et C — des honoraires forfaitaires pour patients lourdement dépendants, calés sur le profil de Katz.

Les trois premières familles se facturent à l’acte. Les forfaits sont d’une autre nature, et cette distinction est le cœur du financement des soins à domicile.

Facturation à l’acte ou forfait : quelle différence ?

La facturation à l’acte fait ce qu’elle annonce : chaque prestation de l’article 8 est attestée séparément, acte par acte, à sa propre valeur de nomenclature. Un patient qui a besoin d’une injection d’insuline quotidienne et d’un pansement hebdomadaire génère une ligne pour chaque acte réalisé.

Un forfait remplace ce décompte acte par acte par un honoraire journalier unique. Les forfaits A, B et C sont accordés une seule fois par journée de soins et couvrent l’ensemble des soins infirmiers donnés ce jour-là à un patient lourdement dépendant — on ne facture pas en plus les actes individuels. Le forfait qui s’applique n’est pas déterminé par le total mais par le profil de dépendance Katz du patient au regard des critères de l’article 8 : le forfait A est le plus léger des trois, le C le plus lourd, chacun défini par des combinaisons précises de scores 3 et 4 sur les critères de Katz (se laver, s’habiller, transfert et déplacements, aller à la toilette, continence, manger). Le forfait C s’assortit d’une condition opérationnelle à signaler : il exige au moins deux visites par journée de soins. Avec une seule visite, le forfait C ne peut pas être attesté.

La mécanique qui fait basculer tel profil vers tel forfait relève du guide de l’échelle de Katz et de son calculateur — c’est le versant évaluation. Le point de financement est plus simple ici : le même patient, le même jour, est payé de l’une de deux manières fondamentalement différentes, et votre logiciel doit savoir dans quel régime se trouve un patient avant de pouvoir produire une facture correcte.

Une confusion à éviter : les forfaits patients A/B/C sont distincts d’une intervention forfaitaire trimestrielle versée aux services infirmiers en tant qu’organisations. Autre mécanisme, autre argent — à tenir séparés dans tout modèle de facturation.

À propos des montants en euros : la nomenclature exprime ses valeurs en unités de coefficient, et le tarif en euros est un document indexé à part, revu périodiquement. Ce guide ne cite volontairement aucun montant en euros — consultez la fiche tarifaire en vigueur sur le site officiel de l’INAMI pour les chiffres du jour.

Qu’est-ce que le principe du tiers payant ?

Dans la plupart des soins ambulatoires belges, le patient paie le prestataire et se fait rembourser ensuite. Les soins à domicile fonctionnent à l’inverse, via le tiers payant — derdebetalersregeling en néerlandais. Selon ce régime, l’infirmier ou l’organisation facture directement la mutualité (le ziekenfonds) du patient pour le montant remboursé, et le patient n’avance pas cette part.

C’est le modèle standard, quasi universel, en soins à domicile — tout le flux de facturation est bâti autour de lui. C’est la raison pour laquelle une organisation de soins à domicile, en termes de trésorerie, facture les mutualités plutôt que de courir après les patients. Et il s’accompagne d’une exigence ferme : quand le tiers payant s’applique, la facturation doit être envoyée par voie électronique via MyCareNet. Le papier n’est pas le repli du tiers payant ; le canal électronique est le canal.

(« Tiers payant » / « derdebetalersregeling » est aussi le terme que patients et prescripteurs emploient : autant le nommer clairement — c’est le même principe qu’on le rencontre dans une note de nomenclature ou dans une conversation avec un patient.)

Comment l’argent circule-t-il concrètement par voie électronique ?

Le canal, c’est MyCareNet. C’est la plateforme centrale par laquelle un infirmier à domicile échange des données avec les mutualités, et elle porte plusieurs flux distincts qui, ensemble, forment la boucle de financement :

  • Les contrôles d’assurabilité — vérifier, avant ou pendant les soins, que le patient est bien couvert et à quelles conditions.
  • La notification de Katz — l’échelle d’évaluation et les demandes de toilettes/forfaits sont transmises par voie électronique au médecin-conseil de la mutualité du patient.
  • La facturation en tiers payant — les fichiers de facturation eux-mêmes partent via MyCareNet (les eServices sont désignés eAttest/eFact dans le contexte INAMI plus large ; pour les soins à domicile, les pages parlent de facturation en tiers payant via MyCareNet).
  • Les notifications en retour — la mutualité peut répondre par voie électronique, y compris refuser une demande de forfait, et ces réponses reviennent par le même canal.

Derrière la facturation se trouve le CIN (Collège Intermutualiste National — Nationaal Intermutualistisch College), le hub intermutualiste qui reçoit les fichiers de facturation, les valide et achemine le règlement vers les mutualités individuelles. Du point de vue logiciel, c’est la forme à garder en tête : le prestataire s’adresse à une porte électronique, et la machinerie derrière elle distribue les données vers le bon assureur.

Le détail de la construction et de la maintenance de cette intégration — les formats de message, les appels d’assurabilité, l’aller-retour de facturation — est un sujet à part entière. Nous le traitons dans le guide compagnon sur MyCareNet, eHealth et la facturation des soins à domicile.

Un exemple concret

Prenons un patient sur une journée de soins. S’il a besoin, disons, d’un seul acte technique — une injection d’insuline — et qu’il n’atteint pas un profil de forfait, l’organisation atteste cet acte sous sa ligne de l’article 8, à l’acte. En tiers payant, la facture du montant remboursé va non pas au patient mais à sa mutualité, par voie électronique via MyCareNet, et le règlement revient via le CIN.

Prenons maintenant un patient lourdement dépendant le même jour. Son profil de Katz remplit les critères de l’article 8 pour un forfait : la journée est donc facturée comme un forfait journalier unique plutôt qu’acte par acte — un honoraire unique couvrant l’ensemble des soins de la journée, et non une ligne par acte. Si son profil est le plus lourd, le forfait C, la même règle opérationnelle s’applique : la journée doit comporter au moins deux visites pour que ce forfait soit attesté ; une seule visite ce jour-là ramènerait à ce qu’autorise un profil à visite unique. Dans un cas comme dans l’autre — à l’acte ou au forfait — la facture emprunte le même chemin de tiers payant vers la mutualité. Le régime change ce qui est facturé ; le canal du tiers payant reste la façon dont cela atteint l’argent dans les deux cas.

Chaque nombre de cet exemple est une mécanique, pas un montant en euros — délibérément, parce que les tarifs bougent et pas les règles.

Le système Katz-forfait va-t-il changer ?

Il est mis à l’épreuve. La Belgique mène un projet pilote fédéral, coordonné avec le KCE (le Centre fédéral d’expertise des soins de santé), sur 2026-2028, qui expérimente un nouveau modèle de financement des soins à domicile payant le temps de soins plutôt que la logique à l’acte et de forfait Katz décrite plus haut. Des instruments d’évaluation dont BelRAI figurent dans le pilote. Deux réserves honnêtes : c’est un pilote, mené dans un ensemble limité de pratiques, pas la règle générale ; et BelRAI y apparaît comme un instrument d’évaluation, pas comme une nouvelle clé de paiement confirmée. À considérer comme sujet à vérification — les dates de démarrage et les détails de conception bougeaient encore à la rédaction, et un pilote n’est pas une réforme tant qu’il n’est pas généralisé.

Pour un produit de soins à domicile, la posture pratique est : construisez pour l’article 8 et les forfaits de Katz tels qu’ils existent aujourd’hui, mais gardez la couche d’évaluation assez souple pour qu’un modèle basé sur le temps ou informé par BelRAI n’oblige pas à arracher les fondations.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la facturation à l’acte et un forfait en soins infirmiers à domicile ?

La facturation à l’acte atteste séparément chaque prestation de l’article 8, acte par acte. Un forfait A, B ou C est un honoraire journalier unique, accordé une seule fois par journée de soins pour un patient lourdement dépendant dont le profil de Katz répond aux critères de l’article 8. Il couvre l’ensemble des soins de la journée plutôt que d’être compté acte par acte.

Le patient paie-t-il l’infirmier directement ?

En principe non. Dans le régime du tiers payant (derdebetalersregeling), le modèle standard en soins à domicile, l’infirmier ou l’organisation facture directement la mutualité et le patient n’avance pas le montant remboursé. Quand le tiers payant s’applique, cette facturation doit passer par voie électronique via MyCareNet.

Quel article de la nomenclature régit les soins infirmiers à domicile ?

L’article 8 de la nomenclature des prestations de santé. Il énumère les prestations infirmières remboursables — les prestations de base à l’acte, les soins d’hygiène (toilettes) et les actes techniques spécifiques — et fixe les critères, basés sur Katz, des forfaits journaliers A, B et C. Seules les prestations reprises à l’article 8 sont remboursées.

La Belgique change-t-elle le financement des soins infirmiers à domicile ?

Un projet pilote fédéral le teste. Coordonné avec le KCE et déployé sur 2026-2028, il expérimente un financement basé sur le temps de soins plutôt que sur l’acte et les forfaits de Katz, avec des instruments d’évaluation dont BelRAI. C’est un pilote, pas la règle générale, et les détails bougent encore : à considérer comme sujet à vérification.

Quand les règles de financement vivent dans votre logiciel, elles ne peuvent pas être une pensée après coup

Chacune de ces mécaniques — dans quel régime se trouve un patient, si la condition de visite d’un forfait est remplie, si une facture a bien franchi MyCareNet — est un endroit où l’argent disparaît discrètement dès que le logiciel et le terrain divergent. En construisant Domihome, ce qui nous a le plus surpris, c’est à quel point le financement se joue dans les marges : le forfait qui saute parce que la deuxième visite n’a pas été encodée, la facture qu’une mutualité a refusée en silence. Nous avons donc fait en sorte que le dossier de soins, la logique de forfait et la facturation MyCareNet partagent une seule source de vérité, au lieu d’en réconcilier trois. AppSky construit des logiciels sur mesure pour les organisations de soins infirmiers et de soins à domicile, où l’évaluation, la planification des soins et la facturation tiennent dans un seul flux. Découvrez ce que nous avons fait pour Domihome, ou planifiez une rencontre.


Ce guide est informatif et ne constitue pas un avis de facturation, juridique ou médical. La nomenclature et ses tarifs évoluent, et le projet pilote de nouveau financement est encore en transition. Vérifiez les règles et montants actuels auprès des sources officielles : les textes de la nomenclature de l’article 8, la page MyCareNet pour l’infirmier à domicile et le projet pilote de nouveau financement des soins à domicile. Dernière vérification le 14 juillet 2026.

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